et de réflexion en quête de la « photo du siècle »

Ça y est, vous venez de régler le solde du voyage de votre vie à l’autre bout du monde. Départ dans un mois. Félicitations ! Avant de vous rendre à l’aéroport, il reste encore beaucoup de choses à régler : les visas, les vaccins, la valise et son contenu, la garde du chat… Accessoirement, on pense également (ou pas) aux photos que l’on rapportera de notre formidable odyssée… S’il existe un seul point commun entre 99% des personnes (il y a toujours des gens bizarres sur cette Terre) qui, comme Ulysse, partent faire un beau voyage, c’est le désir de rapporter de belles photos comme celles que l’on peut découvrir au détour d’une page de publicité ou d’un article des magazines Géo ou National Geographic. On espère même secrètement faire la « photo du siècle », celle qui rendra jaloux les collègues de boulot ou la famille. On s’imagine jouer le blasé modeste, mais au fond de soi on aimerait être fier de notre production. A partir de là, il y a ceux (les plus nombreux) pour qui prendre des photos se résume à appuyer sur un bouton et il y a les autres qui anticipent un peu plus cet aspect du voyage… Sans prétention, ces pages (un lien se cache derrière chaque mot en rouge) ont pour but de susciter votre réflexion sur la notion de photographie en voyage (mais un voyage, ça peut commencer à la porte de chez soi – voir la section développant ce sujet) tout en tentant de vous faire prendre conscience des « bons » gestes à adopter et des quelques écueils simples à éviter. L’idée n’est pas de faire de vous un photographe professionnel (ce que je suis loin d’être moi-même d’ailleurs) mais de poser quelques jalons qui vous permettront d’éviter certaines erreurs dites « de débutant » ou des (grosses) déceptions une fois de retour à la maison. La plupart des conseils que vous pourrez trouver ci-dessous sont issus de mon expérience personnelle (parfois douloureuse) de la photographie depuis maintenant une trentaine d’années et relève, le plus souvent, du bon sens. A vous de vous approprier (si vous le souhaitez évidemment) ces trucs et astuces, de les adapter, de les modifier, de les améliorer et surtout de les partager car la photo, au-delà de la simple image, c’est aussi le partage d’une émotion, d’une ambiance, voire d’une aventure. N’hésitez pas à ma faire part de vos réflexions et/ou questions en me contactant via le formulaire disponible sur cette page.

Au commencement était… l’oeil

Puisque le but premier d’une photo consiste à figer à jamais une réalité, autant s’inspirer de l’organe qui perçoit les images : le capteurs des APN (ndlr : Appareils Photo Numériques) ont, dès le début, été pensés de manière à copier l’œil humain. Les 3 couleurs auxquelles les pixels des capteurs numériques sont sensibles (le rouge, le vert et le bleu) représentent, par exemple, le pendant numérique des 3 catégories de cônes, les cellules de la rétine qui captent la lumière. De la même manière qu’une rétine est une juxtaposition de cellules photosensibles (environ 130 millions d’unités* qui se répartissent en 5 à 7 millions de cônes en position centrale et spécialisés dans la vision détaillée des couleurs et 120 millions de cellules appelées « bâtonnets », plutôt situées à la périphérie et spécialisées dans la visons noir et blanc en faible luminosité), les capteurs numériques sont des alignements réguliers en 2 dimensions de pixels, tous identiques les uns aux autres. 

*Malgré ses 130 millions de récepteurs qui captent l’information visuelle, le nerf optique ne compte qu’environ 1 million de fibres. La rétine réalise donc un énorme travail de compression et de traitement des données avant d’envoyer le message au cerveau. On pourrait donc dire que les images qui sont générées au niveau du cerveau seraient plutôt de type JPG que RAW !

Enfin, comme les cellules rétiniennes, les pixels accomplissent le miracle de transformer non pas l’eau en vin, mais la lumière en électricité. L’œil humain possède néanmoins un avantage décisif sur les APN : il est relié à une cerveau humain (mais il faut reconnaitre que pour y parvenir, l’Evolution a pris son temps : les premiers embryons des futurs yeux complexes sont apparus il y a 600 à 700 millions d’années alors que les capteurs numériques n’existent que depuis quelques dizaines d’années). Sur cette page, je tente de développer l’idée selon laquelle un bon photographe possède, en premier lieu, un tandem œil-cerveau aguerri, donc aiguisé. Mais pas de panique, si vous estimez que ce n’est pas (encore) votre cas, cela peut se corriger… du moins partiellement !

Première partie : avant le départ

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous faites des photos en voyage ?

Cette question digne d’une épreuve de philosophie au baccalauréat n’est pourtant pas à éluder car elle peut (doit ?) être posée. Pourquoi cela ? La réponse qu’on pourra y apporter va, y compris et peut-être même surtout inconsciemment, influencer notre comportement durant le voyage : on ne fait pas des photos de la même manière selon que l’on désire simplement alimenter ses réseaux sociaux ou envoyer des « What’sApp » à ses proches, faire imprimer un bel album souvenir ou se lancer dans un post-traitement (noir & blanc, sépia, effets divers…). Avec quel type d’appareil capable d’enregistrer des images (définition volontairement très large !) va-t-on shooter ? Telles sont quelques-unes des questions qui devraient nous traverser l’esprit avant de partir. Ne pas se les poser risque d’entrainer des déceptions au retour (essentiellement en rapport avec ce qu’on aurait aimé faire et le résultat effectivement obtenu, souvent décevant). Il est donc important de définir – à minima – quel(s) but(s) on se fixe.

Avec quel type d’appareil vais-je faire mes photos ?

La réponse à cette question va nécessairement influencer notre comportement de photographe. Cette page vous permettra peut-être d’y voir plus clair et de faire un choix un peu plus éclairé.

RAW ou JPG ? Quel format d’enregistrement choisir pour mes images ?

Les formats d’images sont une jungle. Il en existe pléthore (.tiff, .png, .bmp…) mais la plupart des APN n’en proposent que deux : JPG ou RAW. Lequel choisir ? Pourquoi choisir ? Cette page vous guidera dans le dédale des formats d’enregistrement de vos images : un choix pas si anodin qu’il y parait.

La taille du capteur de mon APN a-t-elle de l’importance ?

Issue des normes en vigueur au temps de l’argentique (ndlr : les appareils photo avec des pellicules), le capteur (c’est-à-dire la pièce située au fond du boitier dont le rôle est d’accomplir ce petit miracle qui consiste à transformer la lumière en données numériques) qui présente le meilleur compromis entre la performance et l’encombrement est appelé « plein format ». Cela signifie qu’il a une taille équivalente à celle qu’occupait autrefois une photo argentique sur une pellicule, à savoir 24 x 36 millimètres (environ). Il existe actuellement de très nombreuses tailles de capteurs, la plupart plus petits que le « plein format », quelques uns plus grands. Sur cette page, je vais tenter d’expliquer en quoi la taille du capteur ainsi que celle des pixels, bien plus que le nombre de pixels, est un élément qui influence fortement non seulement la qualité des images obtenues et donc les performances de l’APN, mais aussi le confort que peut s’accorder le photographe lors d’une prise de vue. Autant prévenir tout de suite, il y aura un peu de maths… mais pas trop. Promis !

Comment bien préparer mon matériel avant le départ ?

L’improvisation est un terme qui doit être banni du vocabulaire du photographe qui se respecte. Imaginez-vous arriver devant le plus beau paysage du monde et réaliser qu’on a oublié de mettre une carte mémoire dans le logement de son APN ou que, une fois la valise défaite, le chargeur de batterie reste introuvable ? Une sensation d’être seul au monde… Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour passer des vacances sereines (du moins du point de vue photographique) et éviter déconvenues et autres invocations du ciel et de ses saints, voici une petite check list à passer en revue avant de prendre la route de l’aéroport (ou, du moins, des vacances) :

  • Vérifier que mon APN et ses accessoires sont bien dans le sac : batteries de rechange (2 est un minimum) avec leur chargeur, cartes mémoires (le nombre peut être variable et il dépend de la frénésie du photographe, de la durée de l’expédition et de la taille de chaque image, mais 2 est encore un minimum, juste au cas où l’une tombe en panne…), éventuellement objectifs de rechange, microphone…

Sac de protection renforcé multi-poches

Lecteur de carte SD type clé USB (compact)

Lecteur de carte SD sur un port USB

porte-cartes SD / micro SD étanche

Chargeur de batteries (ici pour 3 en simultané)

  • Charger les batteries (rien de pire que de découvrir une batterie presque vide au moment de shooter).
  • Formater les cartes mémoire (si, peut-être encore pire que la batterie, le coup de la carte pleine… énervant… Attention, les cartes SD sont équipées d’un petit loquet sur la gauche qui permet de les bloquer et, ainsi, de les prémunir contre les effacements accidentels).
  • Emporter un chiffon microfibre pour dépoussiérrer l’APN après une balade dans le désert, voire quelques sacs congélation à zip d’au moins 5 litres pour enfermer le matériel en cas d’humidité élevée (même si les APN sont parfois dits « tropicalisés », il vaut mieux faire attention à l’eau, l’ennemi héréditaire de l’électronique et des parties mécaniques).
  • Préparer les éventuels filtres (ND, polarisant…), les nettoyer avec un chiffon à lunettes et vérifier qu’ils ont le même diamètre que l’objectif.
  • Rajouter, si besoin, le pare-soleil, le trépied
  • Prévoir éventuellement un lecteur portable de carte SD (ou autre) afin de pouvoir décharger ses photos pendant le voyage (optionnel).
  • Prévoir une housse de protection et un petit carnet avec un stylo, c’est toujours utile.
  • Vérifier les réglages de base de l’APN (mode préféré : auto, priorité vitesse ou ouverture, enregistrement en Jpg, Raw, Raw+Jpg…) pour ne pas être pris au dépourvu à l’arrivée.
  • Modifier la date et/ou l’heure si on prévoit un changement de fuseau horaire (cela peut paraitre anecdotique, mais ça l’est beaucoup moins quand, trois mois après le retour à la maison, on essaie de retrouver le nom d’un lieu en fonction de l’heure où on y était. C’est encore plus important si on a la chance de disposer d’un GPS intégré…).
  • Vérifier le type de prise électrique du pays de destination. Prévoir éventuellement les adaptateurs nécessaires ainsi qu’une petite (3 ou 4 plots) multiprise, si possible avec des bornes USB (c’est toujours utile).

Deuxième partie : pendant mon expédition au bout du monde

Bout du Monde ou bout de la rue ? Est-ce la même chose ?

On n’est pas forcé de faire des milliers de kilomètres pour que l’aventure commence. En photo, le bout du monde, ça peut être le bout de la rue, voire même son jardin : un rai de lumière qui traverse les feuilles des arbres ou une toile d’araignée au petit matin, une feuille un jour de grand gel, la forme d’un nuage dans le ciel… Encore une fois, l’important est de savoir observer autour de soi, donc peut-être de passer moins de temps sur l’écran de son smartphone à regarder des vidéos qui, finalement, n’ont aucun intérêt et lever un peu plus la tête vers le ciel (ou ailleurs). Encore une fois, l’œil a ici un rôle prépondérant dans cette affaire. Pour vous en persuader, j’ai sélectionné ci-dessous quelques images faites « au coin de la rue » ou presque.

Bourgogne ou Paris, l’aventure dès le bout de la rue

Passons maintenant aux choses sérieuses, si sérieuses que c’est Maitre Yoda en personne qui vous dispensera sa sagesse…

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Commandement numéro un : de ton matériel tu prendras soin…

Les APN récents, pour peu qu’on y mette (un peu) le prix et qu’on choisisse une marque ayant pignon sur rue, sont fiables et robustes. Il n’est pas rare qu’un reflex puisse assurer 50 000, voire 100 000 ou 200 000 déclenchements. De quoi faire pendant quelques paires d’années, même si l’on est un acharné du clic sur le poussoir au point de s’en faire une tendinite de l’index. Il est cependant quelques bons réflexes à avoir en tête pour rallonger la durée de vie de votre APN dans de bonnes conditions ou, plus simplement, vous assurer de mettre tous les atouts de votre côté pour réussir vos photos. Vous les trouverez sur cette page.

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Commandement numéro deux : tes images tu éviteras de trop regarder le soir dans la solitude de ta chambre…

Lors des voyages que j’accompagne pour le compte de l’Association Arts & Vie, j’entends souvent les participants, le matin au petit-déjeuner, annoncer fièrement qu’ils ont passé une partie de la soirée à revisionner les photos prises pendant la journée afin de commencer à les trier. Si je mets de côté le fait qu’on a probablement d’autres choses à faire en voyage que de trier des photos (chacun occupe ses soirées comme il le désire après tout), je reste tout de même persuadé qu’effacer des photos avant d’être chez soi n’est pas une bonne idée. Voici, pêle-mêle, les raisons qui m’ont amené à cette constatation :

  • L’excuse « cela me permet de vider un peu ma carte mémoire » ne tient pas : si on est un peu prévoyant, on emporte toujours largement de quoi stocker tout le matériel qu’on pourrait capturer, y compris si on est radin (une carte SD standard revient à moins de 0.50 € le Go).
  • Les écrans des smartphones, des appareils photo et des tablettes, sont trompeurs (à la marge, un écran d’ordinateur portable pourrait convenir, mais on emporte rarement un ordinateur de 17 pouces en voyage) : ces derniers sont d’abord très petits, ils ne permettent pas une vision globale satisfaisante d’une image qui est faite pour être vue en grand (à minima format 20×30). Ensuite, les réglages de ces écrans nous leurrent : trop ou pas assez de contraste, amplification des couleurs, luminosité réglée trop bas ou trop haut… L’impression d’une image qu’on pourra, ainsi, avoir en la regardant sur un petit écran de smartphone ou d’une tablette n’aura rien à voir avec le sensation visuelle qu’on aura une fois de retour chez soi.
  • C’est bien connu, les voyages ça fatigue (température, marche, décalage horaire…). Alors, le soir, autant se reposer plutôt que de risquer faire une bêtise en effaçant « l’image du siècle » (encore elle). Ceci dit, si vous effacez cette fichue image parfaite, jamais vous ne saurez que vous l’avez faite !
  • OK, cette photo est floue… C’est une évidence. Le réflexe qui consiste à l’effacer au profit de la suivante, cadrée de la même manière mais nette, est grand. Cependant, une image considérée floue, mal cadrée, sous ou sur-exposée, bancale, sans intérêt, etc… peut s’avérer très intéressante pour peu qu’on la traite convenablement en post-production (recadrage, filtre simple, noir & blanc…). Pour vous en convaincre, je vous présente ci-dessous quelques exemples d’images qui, à première vue, auraient dû se retrouver à la poubelle et qui, au final, figurent dans l’album Photo & Graphie regroupant mes images préférées :

Pour terminer, je vous propose de vous rendre sur cette page où je décris les conditions de prise de vue d’une de mes images préférées qui, en toute logique, aurait dû passer à la trappe si je n’avais pas pris la peine de ne rien effacer en cours de route (suspens…).

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Commandement numéro trois : ta photo tu prendras en songeant à une balance en équilibre… ou pas

Il ne faut parfois qu’une fraction de seconde pour réaliser qu’une image n’est pas réussie (ou, au contraire, qu’elle l’est parfaitement). A quoi cela tient-il ? Tout simplement, la plupart du temps, à ce que l’on nomme l’équilibre de l’image en termes de positionnement du sujet, de couleurs et de cadrage. Bien évidemment qu’une image totalement déséquilibrée sera susceptible de dégager une puissance colossale qui pourrait bien en faire notre « image du siècle » (comme dans tout domaine artistique, le génie se trouve dans la transgression), mais avant d’en arriver là, je pense qu’il est utile de rappeler quelques règles de base sur le cadrage sur cette page.

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Commandement numéro quatre : des êtres vivants tu tenteras d’inclure dans ton image…

L’une des caractéristiques de la planète Terre est d’abriter des millions de formes vivantes différentes. Si certains photographes se sont spécialisés dans la prise de vue des animaux (photographes animaliers) ou des humains (portraitistes, ethnologues), voire de végétaux (naturalistes), il est toujours délicat d’inclure un animal ou un humain dans une image car c’est souvent un facteur difficile à contrôler. Je ne parlerai, bien évidemment, pas du touriste en parka orange et vert fluo qui nous gâche paysage, mais d’êtres vivants choisis (non subis). Un lion au Kenya qui décidera de nous montrer ses fesses plutôt que sa crinière ou un oiseau qui s’envolera avant qu’on ait eu le temps de réagir. Avec l’Humain, le problème est différent : il est parfois difficile d’oser lui demander si on peut le prendre en photo (c’est mon cas). Quand on parvient à maitriser ces paramètres, cela donne souvent des photographies de grande qualité desquelles une âme se dégage. Et c’est même parfois encore mieux quand c’est fortuit… Quelques exemples sur cette page.

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Commandement numéro cinq : aux petits détails tu prêteras attention…

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Qu’il s’agisse des sciences, du sport de haut niveau ou de notre vie quotidienne, on entend souvent que toute la différence est dans le détail. C’est tout aussi vrai en photographie. Les détails ici ont trait aux « parasites » susceptibles de gâcher la photo : touristes qui surgissent dans le champ, poubelles, grues, fils électriques, véhicules à moteur… Bref, tout ce qui pourrait gâcher le plaisir de la photographie ! Parfois (voire souvent), on ne peut pas éviter ce parasitage : à moins d’y aller à 3 heures du matin (et encore), je vous mets au défi de pouvoir réaliser un cliché de l’Esplanade du Louvre sans personne. Il conviendra donc de faire avec, d’apprendre même à en jouer pour parvenir, parfois, à un résultat étonnant et original. Sur cette page, je reprends quelques images brutes (des photos format jpg sans la moindre retouche, je le jure) que j’essaie d’analyser afin de comprendre ce qui ne va pas et surtout d’envisager comment j’aurais pu éviter de me retrouver avec une image bonne pour la corbeille.

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Commandement numéro six : des filtres et des accessoires tu emploieras avec parcimonie…

Ouh ! la ! la ! On entre dans de la grande technique ! Quelle horreur ! Si je me permets d’évoquer le cas des filtres, c’est que, bien évidemment, ce n’est PAS de la grande technique mais juste un moyen d’améliorer (un peu) ses clichés au moment de la prise de vue (ce qui est toujours préférable à un travail de post-production, même si les deux sont complémentaires dans les faits). Bien sûr, l’emploi de filtres concerne surtout les APN de type reflex ou hybrides, mais pas que… Et même si l’idée d’utiliser un quelconque filtre vous rebute, il existe des moyens de faire « comme si ». Cette page vous décrira quelles sont les 3 principales catégories de filtres que je considère comme indispensables quand on veut aller un peu plus loin, comme d’habitue avec de nombreux exemples concrets et des conseils d’achat. J’évoquerai aussi brièvement les autres accessoires susceptibles de nous aider dans notre quête de la « photo du siècle ».

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Commandement numéro sept : des risques tu ne prendras point pour réussir la « photo du siècle »…

Saviez-vous que le métier de photographe, y compris amateur, était dangereux ? On pense, bien évidemment en premier lieu aux reporters de guerre en Ukraine ou en Palestine, mais il n’y a pas que cela. Le fléau principal du photographe amateur se nomme le selfie. Les compilations de données mettent en évidence une augmentation constante des accidents et décès dus à la pratique de la photo au cours de la décennie 2010. Ce phénomène inquiétant est lié à la prolifération des smartphones :

  • Nombre de décès : Entre 2008 et 2026, on recense plus de 400 décès documentés directement liés à la prise de selfies.

  • Profil type de la victime : C’est un phénomène qui touche principalement les jeunes. L’âge médian des victimes se situe autour de 23 ans. Les moins de 30 ans représentent la très grande majorité des cas.

  • La disparité des genres : Bien que les femmes prennent statistiquement autant (voire plus) de selfies que les hommes, les hommes représentent entre 66 % et 75 % des décès. Les chercheurs expliquent cela par une propension beaucoup plus élevée chez les jeunes hommes à prendre des risques délibérés pour obtenir une photo impressionnante (recherche de sensations fortes, mise en scène de bravoure).

Les accidents ne sont pas dus à l’acte de photographier en lui-même, mais à la perte de notion de l’espace et du danger immédiat. Les trois causes majeures représentent plus de 80 % des accidents :

  1. Les chutes de hauteur (environ 35 à 50 % des cas) : Perte d’équilibre au bord d’une falaise, sur le toit d’un gratte-ciel (phénomène de l’urbex), ou sur les rebords glissants d’une cascade.

  2. Les noyades (environ 30 à 35 % des cas) : Personnes emportées par une vague soudaine sur un rocher, embarcations qui chavirent pendant une photo de groupe, ou chute dans des eaux tumultueuses sans savoir nager.

  3. Les transports (environ 20 % des cas) : Le cas le plus fréquent et le plus dramatique est la collision avec un train. Beaucoup de jeunes cherchent à se photographier sur les voies ferrées en calculant mal la vitesse d’arrivée du train.

Autres causes notables : Les attaques d’animaux sauvages (attaques d’ours, d’éléphants ou morsures de serpents venimeux lors de tentatives de selfies), l’électrocution (en grimpant sur le toit des trains) et les accidents liés à la manipulation d’armes à feu pour « avoir l’air cool ».

Les statistiques mondiales montrent une concentration très nette dans certains pays :

  • L’Inde : C’est de loin le pays qui enregistre le plus grand nombre de décès par selfie (parfois près de 40 à 50 % du total mondial selon les études). Cela s’explique par sa très large population de jeunes connectés et de nombreux accidents de groupe (notamment près des voies ferrées ou lors de baignades).

  • Les États-Unis : Le pays enregistre un nombre important de chutes mortelles, très souvent localisées dans les parcs nationaux (Yosemite, Grand Canyon) au niveau de points de vue non sécurisés.

  • La Russie : Les accidents y sont fréquemment liés à des décharges électriques (adolescents grimpant sur les infrastructures ferroviaires) ou à des chutes lors de cascades urbaines.

Personnellement, j’ai déjà eu l’occasion de me faire une (petite) entorse en montant sur caillou glissant pour y prendre une photo, alors restez prudent dans tous les cas et dites-vous qu’il vaut mieux rater la « photo du siècle » plutôt que de risquer sa vie !

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Commandement numéro huit : ton reportage photo tu compléteras en faisant un peu de vidéo… si tu as le temps !

La photo et la vidéo ne sont pas concurrents, mais complémentaires. Que cela soit dit une bonne fois pour toute. Commander un bel agrandissement de ses clichés qu’on placera sur le mur du salon est une chose, mais réaliser un petit montage vidéo de nos aventures à l’autre bout du monde en est une autre. La vidéo, même si elle ne permet peut-être pas autant que la photo de rendre les ambiances quand on n’est pas un professionnel, permet de conter une histoire « qui bouge », de restituer des sons, des mouvements qu’on ne pourra jamais retranscrire en images. Je songe, par exemple, dans le Parc des chutes d’Iguazu à la frontière entre l’Argentine, le Paraguay et le Brésil : seule la vidéo sera capable de restituer convenablement la puissance de la cataracte (voir le petit montage ci-dessous). Sur cette page, je vous livre l’équivalent vidéo des bons conseils et des bonnes habitudes à prendre.

Troisième partie : une fois de retour à la maison