Ça y est, vous venez de régler le solde du voyage de votre vie à l’autre bout du monde. Départ dans un mois. Félicitations ! Avant de vous rendre à l’aéroport, il reste encore beaucoup de choses à régler : les visas, les vaccins, la valise et son contenu, la garde du chat… Accessoirement, on pense également (ou pas) aux photos que l’on rapportera de notre formidable odyssée… Il y a ceux (les plus nombreux) pour qui prendre des photos se résume à appuyer sur un bouton et il y a les autres qui anticipent un peu plus cet aspect du voyage… Sans prétention, cette page a, ainsi, pour but de susciter votre réflexion sur la notion de photographie en voyage (ms un voyage, ça peut commencer à la porte de chez soi). L’idée n’est pas de faire de vous un photographe professionnel (ce que je suis loin d’être moi-même d’ailleurs) mais de poser quelques jalons qui vous permettront d’éviter certaines erreurs « de débutant » ou des déceptions une fois de retour à la maison. La plupart des conseils que vous pourrez trouver ci-dessous sont issus de mon expérience personnelle (parfois douloureuse) de la photographie et relève, le plus souvent du bon sens. A vous de vous approprier (si vous le souhaitez) ces trucs et astuces, de les adapter, de les modifier, de les améliorer. N’hésitez pas à ma faire part de vos réflexions et/ou questions en me contactant à l’adresse suivante : pydenizot@gmail.com.

Première partie : avant le départ

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous faites des photos en voyage ?

Cette question digne d’une épreuve de philosophie au baccalauréat n’est pourtant pas à éluder car elle peut (doit ?) être posée. Pourquoi cela ? La réponse qu’on pourra y apporter va, y compris et peut-être même surtout inconsciemment, influencer notre comportement durant le voyage : on ne fait pas des photos de la même manière selon que l’on désire simplement alimenter ses réseaux sociaux ou envoyer des « What’sApp » à ses proches, faire imprimer un bel album souvenir ou se lancer dans un post-traitement (noir & blanc, sépia, effets divers…). Avec quel type d’appareil capable d’enregistrer des images (définition volontairement très large !) va-t-on shooter ? Telles sont quelques-unes des questions qui devraient nous traverser l’esprit avant de partir. Ne pas se les poser risque d’entrainer des déceptions au retour (essentiellement en rapport avec ce qu’on aurait aimé faire et le résultat effectivement obtenu, souvent décevant). Il est donc important de définir – à minima – quel(s) but(s) on se fixe.

Avec quel type d’appareil vais-je faire mes photos ?

La réponse à cette question va nécessairement influencer notre comportement de photographe. Cette page vous permettra peut-être d’y voir plus clair et de faire un choix un peu plus éclairé.

RAW ou JPG ? Quel format d’enregistrement choisir pour mes images ?

Les formats d’images sont une jungle. Il en existe pléthore (.tiff, .png, .bmp…) mais la plupart des APN n’en proposent que deux : JPG ou RAW. Lequel choisir ? Pourquoi choisir ? Cette page vous guidera dans le dédale des formats d’enregistrement de vos images : un choix pas si anodin qu’il y parait.

La taille du capteur de mon APN a-t-elle de l’importance ?

Issue des normes en vigueur au temps de l’argentique (ndlr : les appareils photo avec des pellicules), le capteur (c’est-à-dire la pièce située au fond du boitier dont le rôle est d’accomplir ce petit miracle qui consiste à transformer la lumière en données numériques) qui présente le meilleur compromis entre la performance et l’encombrement est appelé « plein format ». Cela signifie qu’il a une taille équivalente à celle qu’occupait autrefois une photo argentique sur une pellicule, à savoir 24 x 36 millimètres (environ). Il existe actuellement de très nombreuses tailles de capteurs, la plupart plus petits que le « plein format », quelques uns plus grands. Sur cette page, je vais tenter d’expliquer en quoi la taille du capteur ainsi que celle des pixels, bien plus que le nombre de pixels, est un élément qui influence fortement non seulement la qualité des images obtenues et donc les performances de l’APN, mais aussi le confort que peut s’accorder le photographe lors d’une prise de vue.

Comment bien préparer mon matériel avant le départ ?

L’improvisation est un terme qui doit être banni du vocabulaire du photographe qui se respecte. Imaginez-vous arriver devant le plus beau paysage du monde et réaliser qu’on a oublié de mettre une carte mémoire dans le logement de son APN ou que, une fois la valise défaite, le chargeur de batterie reste introuvable ? Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour passer des vacances sereines (du moins du point de vue photographique) et éviter déconvenues et autres invocations du ciel et de ses saints, voici une petite check list à passer en revue avant de prendre la route de l’aéroport (ou, du moins, des vacances) :

  • vérifier que mon APN et ses accessoires sont bien dans le sac : batteries de rechange (2 est un minimum) avec leur chargeur, cartes mémoires (le nombre peut être variable et il dépend de la frénésie du photographe, de la durée de l’expédition et de la taille de chaque image, mais 2 est encore un minimum, juste au cas où l’une tombe en panne…), éventuellement objectifs de rechange, microphone…
  • charger les batteries (rien de pire que de découvrir une batterie presque vide au moment de shooter).
  • formater les cartes mémoire (si, peut-être encore pire que la batterie, le coup de la carte pleine… énervant… Attention, les cartes SDsont équipées d’un petit loquet sur la gauche qui permet de les bloquer et, ainsi, de les prémunir contre les effacements accidentels).
  • préparer un chiffon microfibre pour dépoussierrer l’APN après une balade dans le désert, voire quelques sacs congélation à zip d’au moins 5 litres pour enfermer le matériel en cas d’humidité élevée (même si les APN sont parfois dits « tropicalisés », il vaut mieux faire attention à l’eau, l’ennemi héréditaire de l’électronique et des parties mécaniques).
  • préparer les éventuels filtres (ND, polarisant…) et vérifier qu’ils ont le même diamètre que l’objectif.
  • Rajouter, si besoin, le pare-soleil, le trépied…
  • prévoir éventuellement un lecteur de carte SD (ou autre) afin de pouvoir décharger ses photos pendant le voyage (optionnel).
  • prévoir une housse de protection et un petit carnet avec un stylo, c’est toujours utile.
  • vérifier les réglages de base (mode préféré : auto, priorité vitesse ou ouverture, enregistrement en Jpg, Raw, Raw+Jpg…) avant de ne pas être pris au dépourvu à l’arrivée.
  • Modifier la date et/ou l’heure si on prévoit un changement de fuseau horaire (cela peut paraitre anecdotique, mais ça l’est beaucoup moins quand, trois mois après le retour à la maison, on essaie de retrouver le nom d’un lieu en fonction de l’heure où on y était. C’est encore plus important si on a la chance de disposer d’un GPS intégré…).
  • vérifier le type de prise électrique du pays de destination. Prévoir éventuellement les adaptateurs nécessaires ainsi qu’une petite (3 ou 4 plots) multiprise, si possible avec des bornes USB (c’est toujours utile).

Deuxième partie : pendant mon expédition au bout du monde

Bout du Monde ou bout de la rue ? Est-ce la même chose ?