Commandement numéro neuf : ton reportage photo tu compléteras en faisant un peu de vidéo… si tu as le temps !
La vidéo peut paraitre une évolution normale et logique lorsqu’on fait de la photo, que ce soit avec un compact, un bridge, un hybride ou un reflex. Si certains boitiers sont spécifiquement conçus pour la vidéo (EOS 1DX mkIII, EOS 90D…), tous peuvent enregistrer des images avec une qualité parfois proche des caméras semi-professionnelle. D’autant qu’il suffit la plupart du temps de basculer un simple bouton (voir ci-contre) pour passer du monde de la photo à celui de la vidéo, alors pourquoi s’en priver ?
Première partie : avec quoi filmer ?
OPTION 1 : le smartphone
AVANTAGES : taille, poids, facilité d’utilisation, disponibilité (on l’a toujours – ou presque – avec soi), simplicité de partage des images, algorithme puissant pour le traitement de l’image.
INCONVENIENTS : limité quand on veut faire des séquences vidéo un peu élaborées (basses lumières par exemple), pas de viseur (utile par plein soleil), qualité de l’optique variable selon les modèles.
Le smartphone a, depuis pas mal d’années maintenant, conquis toutes les bourses. Si on y met le prix (au-delà de 400 € environ) on peut disposer d’un appareil avec une fonction vidéo plus « haut de gamme » (4K, 120 fps…).
OPTION 2 : les appareils compacts, bridge, hybrides ou reflex
AVANTAGES : commutateur photo / vidéo sous la main et facilement accessible, qualité des séquences.
INCONVENIENTS : encombrement, emploi du zoom parfois délicat (surtout avec les reflex et les hybrides avec zooms manuels).
Les appareils photo sont tous équipés pour la vidéo, mais avec des qualités variables. Si certains (de plus en plus rares il est vrai) se contentent du full HD, d’autres filment en 4K, voire en RAW… C’est, actuellement, le meilleur moyen d’entrer dans le domaine de la vidéo puisqu’aucun investissement supplémentaire n’est nécessaire si on fait déjà de la photo.
OPTION 3 : l’action cam
AVANTAGES : taille, poids, facilité d’utilisation, disponibilité (on l’a toujours – ou presque – avec soi), qualité des images, nombreux accessoires.
INCONVENIENTS : performances moyennes en basse lumière, batteries parfois avec une autonomie réduite.
Les action cam sont à la mode… Au début, la marque de référence était GoPro (image ci-contre au-dessus) avec des fichiers capables d’enregistrer des séquences en 4K 240 fps, mais la société DJI semble désormais prendre le meilleur. A l’origine destinées à capturer des séquences vidéo dans des conditions difficiles (sport, auto…), ces caméras se sont démocratisées et on les trouve désormais un peu partout, d’autant que leur prix a nettement chuté (on en trouve des très correctes pour 250€).
OPTION 4 : les drones
AVANTAGES : poids, qualité des images, nombreux accessoires.
INCONVENIENTS : encombrement, prise en main pas toujours simple, autonomie de la batterie réduite.
Les drones sont partout (je ne parle évidemment pas de ceux qui sévissent en Ukraine !) et il a donc fallu mettre en place une législation précise et rigoureuse concernant leur utilisation afin de préserver la vie privée. Finalement, il n’existe désormais que peu de lieux où l’on peut utiliser son drone en toute tranquillité et sans autorisation. Mais quand c’est possible, le résultat est souvent extraordinaire (voir l’exemple ci-dessous – pensez à passer en plein écran pour une expérience optimale).
Deuxième partie : quelques astuces pour réussir ses vidéos
- Commençons par un préalable aussi nécessaire qu’utile avec un petit point sur les formats d’enregistrement des séquences : comme en photographie, il existe de nombreux formats d’enregistrement vidéo, même si deux se distinguent plus particulièrement : .mp4 et .mov. Le choix entre MP4 et MOV ne change pas la qualité d’image. Il s’agit avant tout d’un format de conteneur (comme une boîte) qui contient la vidéo, l’audio et des métadonnées. La qualité dépend, quant à elle, surtout du codec utilisé (H.264, H.265, etc.) et du débit vidéo. Le tableau ci-dessous compare les deux formats.
- 4K, 8K, full HD, c’est quoi ? Ces termes indiquent la définition de l’image, c’est-à-dire le nombre de pixels du plus grand côté de l’image. Le K correspond approximativement au nombre de pixels en largeur (2K ≈ 2 000 pixels de large, 4K ≈ 4 000 pixels de large, 8K ≈ 8 000 pixels de large). Plus le nombre de « K » est grand, plus l’image sera définie (belle), mais la taille des fichiers enfle également de manière exponentielle. Il n’est pas toujours utile de choisir la définition la plus élevée, surtout si on ne dispose pas d’un écran capable de lire les formats avec les définitions les plus élevées (TV souvent full HD, parfois 4K, jamais 8K). Le tableau ci-dessous fournit plus de précisions sur les différentes définitions actuellement disponibles.
Full HD (1920 × 1080) : fichiers légers, facile à monter sur un ordinateur. Définition suffisante pour la plupart des vidéos familiales et des réseaux sociaux, mais moins de possibilités de recadrage et détails plus limités sur un grand écran.
4K (3840 × 2160) : quatre fois plus de pixels que la Full HD donc images plus détaillées avec la possibilité de recadrer ou de zoomer en post-production tout en exportant en Full HD. Format très adapté aux grands écrans, mais fichiers plus volumineux qui demandent un ordinateur plus puissant pour le montage.
8K (7680 × 4320) : niveau de détail exceptionnel, très grande marge pour recadrer, mais fichiers énormes et montage très exigeant. Il existe encore peu d’écrans 8K.
Pour un usage courant, la Full HD est largement suffisante si vous filmez occasionnellement et souhaitez des fichiers faciles à gérer. La 4K est le meilleur compromis aujourd’hui. Même si vous diffusez vos vidéos en Full HD, filmer en 4K permet d’obtenir un rendu plus net et de recadrer sans perte de qualité. Quant à la 8K, elle est intéressante surtout pour des besoins professionnels ou si vous prévoyez des recadrages importants. Pour la majorité des utilisateurs, l’investissement en stockage et en puissance informatique ne se justifie pas. La résolution n’est qu’un des éléments qui déterminent la qualité d’une vidéo. Une vidéo Full HD bien exposée, bien stabilisée et réalisée avec un bon objectif sera souvent plus agréable à regarder qu’une vidéo 8K mal exposée ou mal mise au point. Les réglages d’exposition, la qualité optique, la stabilisation et le cadrage restent tout aussi importants que la résolution.
Les bons réflexes à acquérir quand on fait de la vidéo : de même qu’en photo il y a des automatismes qui permettent de mettre toutes les chances de son côté pour réussir une belle image, en vidéo il existe quelques bonnes habitudes à prendre.
Mon premier conseil : évitez de trop utiliser le zoom pendant la prise de vue. Si c’est le cas, pensez à zoomer LENTEMENT. Même chose pour le balayage de la scène. Si vous souhaitez faire une prise de vue panoramique du superbe paysage qui se trouve sous vos yeux, faites-le, encore une fois, LENTEMENT. Au visionnage après montage, la répétition des séquences zoomées ou balayées rapidement peut vite donner la nausée au spectateur. N’est pas Claude Lelouch qui veut !
Mon second conseil : contrairement à la photo où il est possible de briser les lignes en capturant des images « bancales », les séquences vidéo doivent impérativement être horizontales (avec un horizon droit) sous peine, encore une fois, de rendre le spectateur malade. On voit de plus en plus de vidéastes amateurs filmer à la verticale. Pourquoi pas ? A condition d’être bien conscient que votre vidéo ne sera correctement affichée que sur les smartphones ou les tablettes, mais pas sur un écran d’ordinateur ou de télévision. Ce sont souvent des séquences destinées aux réseaux sociaux.
Mon troisième conseil : ne pas hésiter, parfois, à faire des plans fixes, même s’il ne se passe pas grand chose. A l’opposé des zooms ou des panoramiques rapides, ce sera reposant pour le spectateur. L’idéal sera d’alterner les différents types de séquences au montage.
Mon quatrième conseil : j’ai, par hasard, essayé un jour de filmer en continu sur pied une scène pendant 10 minutes d’affilée. Quel intérêt me direz-vous ? Si la scène est fixe, aucun. Par contre, si on a des nuages qui avancent, des gens qui passent, des véhicules qui traversent le champ, cela peut faire un effet intéressant si on accélère la séquence au montage (au moins x10 ou x20). 3 exemples en sont fournis ci-dessous ne pas hésiter à passer en plein écran pour une meilleure expérience) :
- Les précautions d’usage ne sont, quant à elles, pas différentes en vidéo par rapport à la photo : bien penser à charger les batteries à l’avance, nettoyer les objectifs… Quant aux accessoires, il peut être utile d’avoir sous le coude un petit trépied, une perche à selfie, voire une panoplie complète permettant de fixer la caméra sur à peu près tous les supports (ce genre d’accessoires est particulièrement développé pour les action cam du style GoPro – voir l’illustration ci-contre).
- Enfin, il faut garder à l’esprit que la plupart des appareils capables d’enregistrer des séquences vidéo créent un fichier distinct à chaque fois que l’on presse le bouton d’enregistrement (pas d’enregistrement en un seul fichier, exception faite des smartphones qui le peuvent si on presse le bouton pause au lieu du bouton stop). Pour un travail final réussi, il faut donc ensuite travailler en post-production avec un logiciel de montage. Comme ça tombe bien, c’est justement l’objet de la dernière section consacrée à la vidéo…
Troisième partie : exploiter ses rushs avec un logiciel de montage
Les logiciels de montage vidéo sont légion, des gratuits (Da Vinci Resolve par exemple) aux plus chers (Adobe Premiere Pro par exemple).Si l’on désire simplement faire un petit film sympathique que l’o partagera ensuite avec ses compagnons de voyage, inutile d’investir dans une application hors de prix. Un logiciel tel que Da Vinci Resolve fait très bien le travail pour peu qu’on prenne un peu le temps de s’approprier l’interface un peu compliquée (il y a des boutons et des options partout – voir l’image ci-dessous, mais des tutoriels vidéo complets et clairs sont disponibles sur Youtube).
ATTENTION : le montage vidéo est gourmand en ressource matérielle. Si vous avez l’intention de réaliser des films un peu longs (>10 minutes) ou en 4K, vous n’aurez guère d’autre choix que de délier votre bourse pour acquérir une carte graphique à installer dans le PC (de mon côté une ASUS DUAL NVIDIA GeForce RTX 3060 V2 OC Edition 12GB GDDR6). Sans cet accessoire, les montages deviennent extrêmement looooooooooooooogs.
Personnellement, j’utilise Adobe Premiere Elements (une version « light du célèbre Premiere Pro) acheté définitivement (pas d’histoire d’abonnement mensuel donc) pour environ 130 €, ce qui reste somme toute modeste. On peut, bien évidemment, opter pour un logiciel totalement gratuit, mais si on se prend un peu au jeu de vouloir apprendre à faire des effets ou des animations un peu plus élaborées, on est vite limités. Et attention au plantage avec le logiciels gratuits (c’est du vécu : trois jours de travail effacés sans aucune chance de récupération pour un simple plantage de l’application). Pour générer des séquences telles que celle présentée ci-contre à gauche (un avion qui parcourt une carte du monde pour montrer le trajet effectué), ce sera plutôt avec Da Vinci Resolve (la méthode, trouvée sur Youtube, est plus simple).
L’interface d’Adobe Premiere Elements peut, elle aussi, paraitre une peu compliquée de prime abord mais on s’y fait finalement assez vite. Il faut juste repérer les différentes zones délimitées par des rectangles :
- Bouton « Ajouter le média » permet d’aller chercher les fichiers (vidéo, audio, images) sur le disque de l’ordinateur et de les charger. Ils sont alors visibles sous forme de vignettes dans l’onglet « Ressources du projet ».
- La partie basse représente ce qu’on appelle la « timeline« , c’est-à-dire un bandeau temporel avec différentes pistes audio ou vidéo. C’est sur cette timeline que l’on fait glisser à l’aide de la souris les éléments à l’endroit où l’on veut qu’ils apparaissent. Il est possible d’ajouter ou d’effacer des pistes.
- La partie droite est consacrée aux effets : transitions, corrections diverses (couleurs, netteté, recadrage…).
- Mention spéciale pour l’onglet du haut appelé « Texte » qui permet de générer des sous-titres ou des génériques.
De très nombreux tutoriels, la plupart complets, gratuits et très bien faits, sont disponibles sur Youtube. N’hésitez pas, non plus, à utiliser les IA si vous ne trouvez pas de réponse claire sur les sites traditionnels. A la fin du montage, il suffit d’exporter son film au format mp4. On a le choix entre différentes qualités.
- Un point sur le son : on réalise rapidement que le plus gros problème dans le montage vidéo n’est, paradoxalement, pas l’image mais… le son. En effet, rares sont les séquences dont le son est réellement exploitable. Soit il y a du vent qui génère des bruits parasites, soit il y a quelqu’un près de soi qui se fend d’un commentaire nécessairement intelligent (du genre « c’est par où les toilettes » ou plus sobrement « comme c’est beau »). Malheureusement, il n’y a pas de solution miracle pour éviter ce genre d’écueil, donc il faut essayer de rattraper le coup a posteriori (sauf à avoir investi préalablement dans un micro externe, mais c’est une solution qui augmente considérablement l’encombrement – voir image d’un 5D équipé d’un micro plus haut – et parfois onéreuse – plus de 100 € pour les modèles réellement fiables). L’une des solutions consiste à puiser dans des banques de sons qui offrent toute sorte d’ambiances (bruits d’avion, de foule, de cascade…). Parmi elles, citons PIXABAY ou LA SONOTHEQUE. Ensuite, il faut aussi envisager une musique d’accompagnement. Alors là, c’est chacun selon ses goûts. Le mieux est, sans doute, de faire quelques recherches sur Youtube et, une fois la perle rare trouvée, la télécharger au format mp3 à l’aide d’applications spécialisées dans ce genre d’opération telle NO TUBE.
Quatrième partie : diffuser ses chef d'œuvres sur le net
Sans se prendre pour Stanley Kubrick ou George Lucas, on est vite gagné par l’envie de mettre ses films à la disposition du plus grand nombre… qui s’avère rapidement n’être que le cercle des amis et de la famille (il faut savoir commencer petit). Fort heureusement, Internet offre de nombreuses solutions la plupart du temps totalement gratuites. Revue d’effectif :
- YOUTUBE : après avoir créé un compte (une chaine), on peut importer ses vidéos facilement. C’es une solution très intéressante car le stockage de la vidéo est gratuit. Il faut juste renseigner quelques infos sur la vidéo (titre, descriptif, déterminer si la séquence est adaptée aux enfants ou pas…) et c’est fait ! On peut ensuite partager le lien, l’insérer sur une page web (comme c’est mon cas un peu plus haut sur cette page) ou sur les réseaux sociaux. Il est également possible (voire recommandé) de paramétrer qui peut visionner vos vidéos : soit vous autorisez le monde entier à admirer votre œuvre, soit vous décidez que seuls ceux qui auront le lien pourront y accéder, soit vous décidez qu’il faudra un mot de passe pour y accéder (contrôle total). Il est également possible de paramétrer la monétisation des vidéos avec des coupures pub (je déconseille si vous présentez les vidéos de vos vacances, mais c’est le moyen que les youtubeurs et influenceurs de tout poil emploient pour se rémunérer).
- SITE PERSONNEL : il faut savoir que la vidéo prend de la place, alors si vous optez pour l’achat d’un espace disque pour y stocker votre production photo & vidéo, cela risque de coûter cher… Il vaut donc mieux héberger ses vidéos sur une plateforme comme Youtube ou Dailymotion puis les insérer sur votre site, sauf si, bien évidemment, le simple nom de Youtube vous fait pousser de l’urticaire. Dans ce cas, il faudra vous donner les moyens (financiers) de vos convictions (jusqu’à plusieurs centaines d’euros par an).
- DRIVE : solution pratique mai que peut également vite devenir onéreuse. Le principe : posséder un « drive » (c’est-à-dire un espace de stockage en ligne) sur lequel on stockera ses vidéos (tout type de fichier en fait). Ensuite, on peut générer un lien qui, une fois envoyé par mail, permettra de télécharger la vidéo (on peut faire la même chose avec un dossier photo par exemple). Attention cependant, il n’est pas question de pouvoir lire la vidéo en ligne, c’est juste un lien de téléchargement. Enfin, on retrouve le même problème qu’avec l’hébergement sur un espace disque dédié à un site web : le manque de place. Tous les drive offrent plus ou moins d’espace gratuitement, mais avec des vidéos pouvant atteindre plusieurs Go, la place risque encore une fois de vite manquer.
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