#118 - Cerca trova : cherche et tu trouveras
Cerca Trova : cherche et tu trouveras. Telle est l’énigme ; vieille de 500 ans (et toujours pas résolue) qui plane au-dessus de la Salle des Cinq-cents du Palazzo Vecchio à Florence en Italie. Cerca Trova : cherche et tu trouveras. Une locution latine laissée par le peintre et écrivain Giorgio Vasari en 1565 lorsqu’il réalisa pour le compte du Duc Cosme Premier de Toscane les deux peintures actuellement visibles sur les murs latéraux de la grande salle florentine. Cerca Trova : cherche et tu trouveras. Mais chercher quoi ? Mieux : trouver quoi ? Un trésor ? Un miracle ? Sans doute les deux à la fois ! Pour comprendre, remontons quelques décennies plus tôt. Au début du XVIe siècle, le grand Léonardo da Vinci en personne s’attelle à la réalisation d’une fresque sur ce même mur ayant pour thème la Bataille d’Anghiari (une victoire des Florentins sur les Milanais en 1440). Génie avéré mais personnage multitâche complexe, instable et pressé, Vinci voulut aller vite, sans prendre l’élémentaire patience d’attendre que sa peinture « a fresco » sèche d’elle-même. Pressé également par l’artiste choisi pour orner l’autre côté du mur – rien moins que son plus illustre ennemi Michelangelo Buonarrotti, dit Michel-Ange – le grand personnage imagina un procédé pour accélérer le séchage : allumer un feu dans la salle, directement au pied de l’œuvre. Seulement voilà, ce feu, de par sa température, sa fumée, voire ses flammes, endommagea irrémédiablement le travail du Vinci dont aujourd’hui il ne reste (officiellement) rien. Ce dernier, las de ne pas voir progresser ce travail titanesque assez vite (le mur s’étend sur des dizaines de mètres carrés) et probablement aussi attiré vers d’autres cieux – il quitta Florence pour Milan en 1506 – abandonna alors son travail. Endommagé mais pas détruite, la fresque resta à l’abandon pendant une cinquantaine d’années avant que Vasari ne la recouvre avec une peinture de son cru sans commune mesure avec celle de Léonardo. Toute la question est de savoir si Vasari a détruit ou pas l’œuvre de celui qu’il admirait sans retenue. Un minuscule indice laissé à dix mètres de hauteur sur un étendard ne cesse, depuis, de déchaîner les passions. Cerca Trova : cherche et tu trouveras.
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