#080 - De sable, de verdure et d'eau
Cette image, capturée depuis la nacelle d’une montgolfière un beau matin d’octobre 2025 au-dessus de Louxor en Egypte reste, pour moi, symptomatique à la fois de la grande force, mais aussi de toute la fragilité du pays des Pharaons. Un raccourci qui illustre parfaitement ce qu’est ce formidable pays. Sur l’extrême droite de l’image, on aperçoit la fine bande d’eau matérialisant le Nil. De part et d’autre de cette ligne de vie, sur à peine une poignée de kilomètres de large, s’étire une étendue de chlorophylle qui, à elle seule, doit subvenir aux besoins d’aujourd’hui près de cent millions d’habitants. Vitale. Autrefois (c’est-à-dire avant la construction du Haut Barrage d’Assouan), les crues annuelles du Nil étaient surveillées comme le lait sur le feu (voir photo XXX) car elles noyaient quelques semaines durant les terres en les recouvrant du si fameux limon fertile sans lequel rien n’était possible. La Nature semblait si bien faite… même si le niveau des inondations restait aléatoire. Aujourd’hui, les crues du Nil n’existent plus et les méthodes modernes d’irrigation ont remplacé les caprices de la Nature. Il n’empêche que l’ancestrale frontière demeure. Voyez cette limite entre verdure et désert : une balafre rectiligne, violente, martiale presque. D’un côté l’eau, la vie, le limon, le fleuve, la végétation et de l’autre le néant, des rochers, du vent bouillant, des montagnes, du sable où rien ne pousse ni ne survit parce que le fleuve n’y arrive jamais. C’est cela l’Egypte, un pays rude fait de contrastes extrêmes, saillants, tranchants.
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