#019 - (Noeud de) serpents végétal
Cette nuit, mon sommeil a été agité. Je me suis réveillé à quatre heures du matin, en sueur, pile au moment où d’immenses tentacules végétaux se saisissaient de moi pour m’engloutir dans les entrailles de la Terre. Quand notre imagination nous emmène trop loin dans le cauchemar, la seule solution pour s’en sortir est le réveil. Instantané, brutal, désorientant. Une sorte de réflexe de survie pour ne pas sombrer. Je vous raconte mon rêve : alors que je me promenais tranquillement dans une forêt de la région de Tortuguero au Costa Rica (probablement pour y faire quelques photos, quoi d’autre ?), j’ai soudain senti les arbres qui, imperceptiblement, se rapprochaient de moi jusqu’à me toucher. La luminosité devenait progressivement de plus en plus faible, les feuilles des arbres se mirent à frémir. Le vent ? L’impatience du végétal face à cette proie un peu naïve qui s’est aventurée là où elle n’aurait jamais dû ? Des craquements, des ronronnements se firent alors entendre. Des racines émergèrent du sol pour se transformer en implacables reptiles verdâtres à la fois souples et puissants. Happé, étouffé, enfermé, aveuglé, asphyxié par ces puissants appendices aux airs de pattes de dinosaures subitement habités d’une conscience destructrice, j’étais incapable de fuir, mes jambes ne réagissaient plus à mes sollicitations. Je sentais alors l’humidité du sol qui m’envahissait par les pieds puis qui gagnait mes chevilles, mes mollets. J’étais piégé.
C’est alors que je me suis réveillé…
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