#038 - Grand Sud
Ushuaïa. Un nom qui claque comme un étendard en plein blizzard. Ushuaïa. 83000 âmes damnées. Rien que d’entendre ce nom nous plonge dans une sorte d’exotisme mystique et mythique teinté de vieux souvenirs d’émissions de télé au générique joué à la flûte de pan. Ushuaïa. On dirait le nom d’une tribu indienne qui se serait arrêté là parce qu’encore plus au sud il n’y avait rien d’autre que la mer… et le pôle Sud. Cette image, capturée bien au chaud (pour une fois) derrière la large baie vitrée de ma chambre d’hôtel, offre une vue panoramique du Canal de Beagle, ce raccourci naturel qui permet de passer de l’Océan Atlantique au Pacifique ou inversement en évitant le terrible Cap Horn. A gauche, le nord et l’Argentine. A droite, c’est le Grand Sud Chilien, Puerto Williams et, à mille kilomètres du continent Antarctique, quatre mille kilomètres du pôle Sud à vol d’oiseau. De loin, l’eau a l’air calme, mais il ne faut pas s’y tromper : de forts courants rôdent dans les parages. A tel point que de très nombreux navires y ont terminé leur vie sous forme de récif artificiel immergé faisant le bonheur des poissons. Sir Charles Darwin himself est passé dans la région d’Ushuaïa entre 1832 et 1834 lors de son célèbre voyage autour du Monde, mais jamais dans la ville elle-même, qui n’existait pas encore. Tout le monde ne vient cependant pas à Ushuaïa, d’abord parce que pour un Européen, c’est loin, très loin. La ville en elle-même n’a que peu d’attraits, c’est surtout un point de départ pour un ailleurs encore plus au sud. Toujours plus loin…
Retour à la page d’accueil Photo & Graphie