Seconde partie

HIROSHIMA, MIYAJIMA, KYOTO, NARA

NIKKO, MONT FUJI & TOKYO

7 au 26 août 2026

Firefly (1)
CLIQUER sur une image POUR L’AGRANDIR et FAIRE DEFILER LE DIAPORAMA au moyen des FLECHES GAUCHE & DROITE

8 août 2026 : FUKUOKA & HIROSHIMA

Le lever de soleil sur le bateau Busan - Fukuoka

Le château d'Hiroshima

Le Château d’Hiroshima, fondé en 1589 par le puissant daimyō Mōri Terumoto, est un symbole majeur de l’histoire féodale du Japon. Contrairement aux forteresses érigées sur des collines pour des raisons stratégiques, il s’agit d’un château de plaine construit au cœur d’un delta. Son donjon principal s’élève à 26,6 mètres sur une base en pierre de 12,4 mètres, entouré de larges douves protectrices. Surnommé le « Château de la Carpe » (Rijō), son nom proviendrait de la profusion de carpes vivant dans ses douves, ou du fait que la zone entourant le domaine était historiquement appelée « Gokamura » avant d’être renommée Hiroshima (« large île ») lors de sa construction. Entièrement détruit par l’explosion atomique le 6 août 1945, il fut reconstruit à l’identique en béton armé en 1958 pour devenir un musée d’histoire. Dans l’enceinte, trois arbres ont survécu au souffle nucléaire et témoignent encore aujourd’hui de la résilience de la ville.

Le Mémorial de la Paix d'Hiroshima

Le Mémorial de la Paix d’Hiroshima, également appelé Dôme de Genbaku, est le symbole universel de la tragédie nucléaire et de l’espoir de paix. Le 6 août 1945 à 8h15, le bombardier américain Enola Gay largue la première bombe atomique de l’histoire, baptisée « Little Boy ». Elle explose à environ 580 mètres d’altitude, presque directement au-dessus du bâtiment. L’explosion instantanée génère une chaleur de plusieurs milliers de degrés et un souffle supersonique, rasant la ville et tuant environ 140 000 personnes avant la fin de l’année 1945.
Érigé en 1915 par l’architecte tchèque Jan Letzel, le bâtiment en briques et béton était initialement le Palais d’exposition commerciale de la préfecture d’Hiroshima. Son style néo-baroque européen et son dôme de cuivre en faisaient un repère élégant au cœur du delta. Lors de l’explosion, la structure s’est trouvée presque exactement sous l’hypocentre de la bombe. Le souffle ayant frappé le bâtiment à la verticale, les murs extérieurs en briques et la structure métallique du dôme ont miraculeusement résisté, tandis que toutes les personnes présentes à l’intérieur ont péri sur le coup. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996, il est aujourd’hui préservé dans son état de ruine exact d’après-bombardement. Après la guerre, les habitants d’Hiroshima se sont profondément divisés. Beaucoup voulaient détruire le dôme car il ravivait de terribles traumatismes, tandis que d’autres militaient pour sa conservation. C’est la mort d’une jeune rescapée exposée aux radiations qui poussa définitivement la ville à le préserver comme avertissement pour l’humanité.
La Flamme de la Paix : Allumée en 1964 dans le parc attenant, cette flamme brûlera continuellement jusqu’à ce que la planète soit totalement débarrassée de ses armes nucléaires.
Le Musée du Mémorial : Conçu par l’architecte Kenzo Tange, ce musée abrite des reliques poignantes comme des vêtements déchirés, des montres arrêtées à 8h15 et des objets personnels (dont le célèbre tricycle d’un enfant de trois ans) afin de matérialiser l’horreur vécue par les victimes.

9 août 2026 : L'ÎLE SACREE DE MIYAJIMA

L’île de Miyajima, officiellement nommée Itsukushima, est un joyau sacré du Japon situé dans la baie d’Hiroshima. Reconnue comme l’une des trois plus belles vues du pays, elle mêle harmonieusement spiritualité, histoire et paysages naturels d’exception. Depuis le VIe siècle, Miyajima est vénérée comme une île-dieu dans la tradition shintoïste. Pour ne pas profaner ce sol divin, le célèbre sanctuaire d’Itsukushima fut édifié au XIIe siècle par le puissant chef de guerre Taira no Kiyomori sous la forme d’une plateforme sur pilotis. Ce chef-d’œuvre architectural, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, semble flotter sur l’océan à marée haute. Sa caractéristique la plus emblématique est son torii géant de 16 mètres, une porte vermillon majestueuse plantée au milieu des flots, qui sert de frontière symbolique entre le monde profane et le monde sacré. Dominée par le mont Misen, point culminant de l’île, Miyajima abrite une forêt primitive luxuriante et des temples bouddhistes anciens comme le Daisho-in. L’île est aussi célèbre pour ses cerfs sika. Autrefois considérés comme des messagers des dieux, ces animaux sacrés vivent aujourd’hui en totale liberté et cohabitent pacifiquement avec les visiteurs. Le statut divin de l’île impose des règles strictes qui perdurent : afin de préserver la pureté absolue de la terre, il est historiquement interdit d’y naître ou d’y mourir. Aujourd’hui encore, l’île ne compte aucune maternité ni aucun cimetière. Enfin, Miyajima possède une tradition artisanale surprenante : elle est la capitale mondiale de la fabrication des shamoji, les spatules en bois traditionnelles servant à servir le riz, inventées ici au XVIIIe siècle pour soutenir l’économie locale.

Des Hommes et des daims

Sur l’île sacrée de Miyajima, plus de 500 daims Sika cohabitent librement avec les humains. Selon la tradition shintoïste, ces animaux sont vénérés depuis des siècles comme des messagers divins (shinshi). Leur statut était si protecteur que tuer l’un d’eux était puni de la peine de mort jusqu’au XVIIe siècle. Bien qu’ils conservent un statut d’animaux sauvages, ils sont totalement habitués à la présence des visiteurs. Contrairement au parc de Nara, il est strictement interdit de les nourrir à Miyajima afin de préserver leur santé et leur indépendance. On les croise principalement en liberté près du célèbre torii flottant, sur les plages et dans les ruelles du village. Ces cervidés se révèlent d’une audace incroyable et d’une curiosité sans limites. Ils ont développé une habitude espiègle : ils adorent manger le papier. Cartes touristiques, billets de train, prospectus ou sacs jetables, ils n’hésitent pas à voler les documents qui dépassent des poches des voyageurs inattentifs.

Le sanctuaire d'Itsukushima et son célèbre torii

Le sanctuaire d’Itsukushima, situé sur l’île sacrée de Miyajima, est un chef-d’œuvre de l’architecture shintoïste, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Fondé initialement en 593 par Saeki no Kuramoto, le complexe a été reconstruit dans sa forme actuelle en 1168 grâce au puissant chef de guerre Taira no Kiyomori. La particularité majeure du sanctuaire est d’être entièrement bâti sur pilotis au-dessus de la mer. Les passerelles en bois relient les bâtiments principaux, conçus pour flotter visuellement à marée haute. Son monument le plus emblématique reste son grand torii vermillon, une porte sacrée de 16 mètres de haut construite en bois de camphrier imputrescible. À marée haute, le torii semble flotter sur l’eau, tandis qu’à marée basse, les visiteurs peuvent s’avancer à pied jusqu’à sa base. L’île interdite aux mortels : Autrefois, Miyajima était si sacrée que le commun des mortels n’avait pas le droit d’y poser le pied. C’est pour cette raison que le sanctuaire a été construit sur l’eau : les pèlerins arrivaient en bateau et passaient sous le torii sans jamais souiller la terre sainte de l’île. Le grand torii n’est absolument pas enfoncé dans le sol marin. Il tient debout uniquement grâce à son propre poids et à une technique d’ingénierie ingénieuse : sa poutre supérieure est creuse et remplie de tonnes de pierres sacrées qui font office de lest contre les vagues et les typhons.

10 août 2026 : DE L'ÎLE SACREE DE MIYAJIMA A KYOTO

Le temple Daisho-in

Le temple Daisho-in, niché au pied du mont Misen à Miyajima, est l’un des sites les plus importants du bouddhisme ésotérique Shingon. Fondé en 806 par le célèbre moine Kobo Daishi (Kukai), il est historiquement lié à la famille impériale et fut le temple principal de l’île avant la séparation forcée du shintoïsme et du bouddhisme à l’ère Meiji. Ce complexe spirituel fascine par sa profusion de statuettes. En gravissant l’escalier principal, les pèlerins font tourner des moulins à prières en bronze, censés conférer les mêmes bienfaits que la lecture des textes sacrés. Le temple abrite la grotte Henjokutsu, illuminée par des lanternes suspendues, ainsi que 500 statues de Rakan (disciples du Bouddha), arborant toutes des expressions faciales uniques et coiffées de bonnets de laine colorés. Une flamme sacrée, le Kiezu-no-hi (le feu éternel), brûle sans interruption depuis plus de 1200 ans au sommet du mont lié au temple. C’est cette même flamme qui a été utilisée pour allumer le Feu de la Paix au mémorial d’Hiroshima.

Le Mont Misen

Le Mont Misen, point culminant de l’île de Miyajima à 535 mètres d’altitude, est une montagne sacrée vénérée depuis des siècles. En 806, le moine Kobo Daishi, fondateur du bouddhisme Shingon, y passa 100 jours à pratiquer des rituels ascétiques, transformant ce sommet en un haut lieu spirituel majeur du Japon. Le mont est célèbre pour sa forêt primitive de grande valeur, classée au patrimoine mondial avec le sanctuaire d’Itsukushima. Le sommet, accessible à pied ou en téléphérique, offre un panorama spectaculaire à 360° sur la mer intérieure de Seto. Le site est parsemé de formations rocheuses spectaculaires et de sanctuaires, dont le Reikado, qui abrite la fameuse flamme éternelle. Le mont est associé aux sept mystères de Misen. Parmi eux, les lumières de démon (Ryukin) aperçues en mer depuis le sommet, ou encore le Mandara-ume, un prunier sauvage qui fleurissait mystérieusement à contre-saison chaque fois qu’un miracle bouddhique se produisait.

11 août 2026 : KYOTO

Kyoto est l’ancienne capitale impériale du Japon, un joyau culturel qui incarne à lui seul l’âme traditionnelle du pays. Située au cœur de la région du Kansai, sur l’île de Honshū, elle compte aujourd’hui environ 1,5 million d’habitants. Longtemps préservée des ravages du temps, la ville offre un contraste saisissant avec la modernité trépidante de Tokyo. Fondée en 794 par l’empereur Kanmu sous le nom de Heian-kyō (« Capitale de la paix et de la tranquillité »), la ville est restée la résidence officielle de la famille impériale et le cœur du pouvoir pendant près de 1 074 ans. Son plan urbain initial fut rigoureusement calqué sur le modèle géométrique en damier de Chang’an, l’ancienne capitale chinoise. En 1868, lors de la restauration de Meiji, le pouvoir politique et la cour ont définitivement migré vers Edo, rebaptisée Tokyo. Kyoto se distingue par son patrimoine d’une richesse inestimable, comptant plus de 2 000 temples bouddhistes et sanctuaires shinto. Dix-sept de ses sites majeurs sont classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Parmi les plus célèbres, on trouve le Kinkaku-ji (Pavillon d’or), le Kiyomizu-dera suspendu à flanc de colline, ou encore les milliers de torii rouges du Fushimi Inari-taisha. Kyoto est aussi la capitale de la haute gastronomie (kaiseki) et des arts traditionnels : c’est dans les ruelles pavées du quartier de Gion que perpétuent encore le mythe et l’art des geishas (appelées ici geiko). Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kyoto figurait en tête de liste des cibles américaines pour le largage de la bombe atomique. Elle fut sauvée in extremis par le secrétaire à la Guerre Henry L. Stimson, qui avait admiré la beauté de ses temples lors de sa lune de miel et insista pour l’épargner en raison de son patrimoine historique unique. L’emplacement de Kyoto a été choisi selon les préceptes du feng shui. Entourée de montagnes sur trois côtés pour bloquer les mauvais esprits, elle fait face à l’eau au sud. Le célèbre temple Tō-ji et sa pagode (la plus haute structure en bois du pays) furent érigés dès le VIIIe siècle pour servir de gardiens spirituels à l’entrée de la cité.