31 juillet au 7 août 2026
Fondée en 18 avant J.-C. sous le nom de Wiryeseong, la cité devient d’abord la capitale du royaume de Baekje, l’un des Trois Royaumes de Corée. Sa position stratégique le long du fleuve Han en fait un territoire disputé pendant des siècles. C’est en 1394 que la ville prend une importance définitive : le roi Taejo, fondateur de la dynastie Joseon, en fait sa capitale officielle sous le nom de Hanyang (puis Hanseong), érigeant les grands palais et la muraille défensive que l’on admire encore aujourd’hui. Le XXe siècle plonge la ville dans d’immenses turbulences. Après la colonisation japonaise (1910-1945), la terrible guerre de Corée (1950-1953) laisse Séoul totalement dévastée et en ruines. Pourtant, la ville opère une résurrection spectaculaire surnommée le « Miracle du fleuve Han ». En quelques décennies, Séoul se transforme de manière fulgurante en une puissance économique et technologique mondiale. Cette renaissance est couronnée par l’accueil des Jeux Olympiques en 1988 et de la Coupe du monde de football en 2002, propulsant définitivement la capitale sur la scène internationale.
Le Palais Changgyeonggung est l’un des cinq grands palais royaux de la dynastie Joseon à Séoul. Souvent qualifié de palais de l’amour filial, il se distingue par son atmosphère paisible et son histoire particulièrement tumultueuse. Construit en 1483 par le roi Seongjong pour loger les reines douairières, il servait de palais secondaire relié à Changdeokgung. Détruit par les invasions japonaises en 1592, reconstruit, puis à nouveau ravagé par des incendies, il subit son plus grand affront durant la colonisation japonaise (1910-1945), où il fut rétrogradé en simple parc public avec un zoo et un jardin botanique, avant de retrouver sa dignité et son nom en 1983. Contrairement aux autres palais orientés vers le sud, son pavillon principal, le Myeongjeongjeon (le plus ancien pavillon royal subsistant en Corée), est orienté vers l’est. Le site abrite également la Grande Serre de Changgyeonggung, une structure de style occidental mêlant verre et structures en bois et fer, construite en 1909. Le grand étang Chundangji, autrefois composé de rizières royales que le roi cultivait lui-même, complète ce cadre serein. C’est dans la cour de ce palais que s’est déroulée l’une des tragédies les plus célèbres de l’histoire coréenne : en 1762, le prince héritier Sado, jugé fou et dangereux, fut enfermé par son propre père (le roi Yeongjo) dans un coffre à riz en bois, où il mourut d’asphyxie et de faim après huit jours d’agonie.
Le temple Bulguksa, ou « monastère du Pays du Bouddha », est le chef-d’œuvre incontesté de l’art bouddhique en Corée du Sud. Érigé sur les pentes du mont Toham, ce complexe d’une beauté saisissante a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1995. Bien qu’un premier lieu de culte ait été fondé en 528, l’édification du monument grandiose actuel débute en 751 sous le royaume de Silla, sous l’impulsion du premier ministre Kim Dae-seong. En 1592, lors des invasions japonaises de la guerre d’Imjin, tous les bâtiments en bois sont réduits en cendres. Seules les fondations et structures en pierre de l’époque de Silla traversent les siècles. Le site subit plusieurs reconstructions successives, menant à sa restauration archéologique majeure entre 1969 et 1973. Le temple est conçu comme une traduction physique du cosmos bouddhique, un pont entre le monde séculier et l’illumination. On y accède par de magnifiques escaliers en pierre hautement symboliques, le « pont des Nuages bleus » et le « pont des Nuages blancs ». Dans la cour principale trônent deux pagodes célèbres qui se font face, incarnant la dualité : la minimaliste Seokgatap, un modèle d’équilibre géométrique, et la très ornée Dabotap, la « pagode des trésors abondants », représentée sur les pièces de 10 wons coréens. La construction de Bulguksa est liée à une légende touchante. Kim Dae-seong aurait fait bâtir ce temple pour honorer ses parents de sa vie actuelle, tandis qu’il édifia la grotte artificielle de Seokguram, située à proximité, en mémoire de ses parents d’une vie antérieure. Par ailleurs, lors de travaux de rénovation de la pagode Seokgatap en 1966, on y a découvert le Mugujeonggwang Daedaranigyeong, un rouleau de sutra considéré comme l’un des plus anciens textes imprimés au monde.
Le sanctuaire de Sunghyejeon est un monument sacré majeur du clan Kim de Gwangsan et de Gyeongju. Niché au cœur du quartier historique de Hwangnam-dong à Gyeongju, juste à côté du célèbre complexe de tombes de Daereungwon, ce site est officiellement classé 256e matériel culturel de la province du Gyeongsang du Nord. Érigé à l’origine sur le site de la forteresse de Wolseong, ce sanctuaire fut initialement construit pour honorer la vertu de Gyeongsun, le tout dernier monarque du royaume de Silla (qui régna jusqu’en 935). En 1592, lors des ravages de la guerre d’Imjin, l’ensemble des bâtiments en bois fut réduit en cendres par les envahisseurs japonais. Face à cette perte, le sanctuaire entama une longue errance géographique : reconstruit à Dongcheon-dong en 1627 sous le nom de Dongcheonmyo, rebaptisé Gyeongsunwangjeon en 1723, il fut finalement transféré à son emplacement actuel en 1794 sous le règne du roi Jeongjo. Le complexe arbore une architecture confucéenne raffinée typique de la fin de la période Joseon. Son bâtiment principal abrite aujourd’hui les tablettes funéraires de trois rois cruciaux de Silla appartenant au clan Kim : Michu : le 13e roi, premier de la lignée des Kim, Munmu : le 30e roi, grand unificateur des Trois Royaumes et Gyeongsun : le 56e et dernier souverain. Le nom prestigieux de Sunghyejeon lui fut accordé tardivement, en 1887, par un décret officiel de l’empereur Gojong, qui ordonna également un grand plan d’agrandissement des structures. Le roi Michu, honoré ici, est le protagoniste de la plus célèbre légende mystique de Gyeongju. On raconte que lorsque le royaume fut attaqué sous le règne de son successeur, une armée mystérieuse arborant des feuilles de bambou dans les oreilles apparut pour terrasser l’ennemi, avant de disparaître devant la tombe de Michu. Bien que situé à quelques mètres des cafés branchés et très instagrammables de la rue Hwangnidan-gil, Sunghyejeon demeure une oasis de calme absolu. Les voyageurs aiment s’y promener au lever du jour pour admirer ses pavillons traditionnels préservés de la foule.
Busan est la deuxième plus grande ville de Corée du Sud et son plus grand port maritime, s’imposant comme un carrefour économique mondial majeur. Historiquement, Busan passe d’un modeste comptoir de pêche à un port de commerce stratégique au XIXe siècle. Pendant la guerre de Corée (1950-1953), elle sert de capitale provisoire et de refuge ultime, échappant à l’occupation nord-coréenne. Cet afflux massif de population a façonné son identité résiliente. Aujourd’hui, cette métropole de près de 3,5 millions d’habitants est un pôle culturel et technologique dynamique. Célèbre pour ses plages urbaines comme Haeundae, son festival international du film (BIFF) et le village de Gamcheon, Busan offre un contraste saisissant entre ses gratte-ciels futuristes et ses temples anciens comme Beomeosa. C’est une cité globale tournée vers l’avenir, alliant puissance logistique et tourisme maritime.
Le cœur historique de Busan bat à Nampo-dong. Ancien refuge lors de la guerre de Corée, ce centre-ville effervescent est aujourd’hui le carrefour de la street food, de la mode et de la culture, abritant la célèbre place du festival du film (BIFF). C’est un dédale de contrastes où les boutiques de luxe de Gwangbok-ro jouxtent les étals de Jagalchi, le plus grand marché aux poissons du pays. Le marché voisin de Gukje est né du commerce de troc des réfugiés qui revendaient les marchandises des bases militaires américaines. Adossé au centre-ville, le Port de Busan est le véritable poumon économique de la nation. Ouvert officiellement en 1876, ce géant maritime s’est hissé au rang de 5e port de conteneurs au monde. Pendant la guerre, son quai n°1 devint l’unique cordon ombilical pour acheminer l’aide de l’ONU et accueillir les civils. Il vit aujourd’hui une transformation historique : ses zones industrielles obsolètes se réinventent en éco-quartiers culturels et touristiques tournés vers l’avenir.
Dominant le centre-ville depuis le parc Yongdusan, la Busan Tower (rebaptisée Diamond Tower) culmine à 120 mètres de haut. Inaugurée en 1973, son architecture s’inspire de la silhouette des pagodes bouddhistes et d’un phare. Contrairement à la plupart des grandes tours mondiales, elle n’abrite aucun émetteur radio ou de télécommunication ; elle fut construite exclusivement pour le tourisme et offre une vue panoramique à 360 degrés sur le port et les montagnes.